Le vrai problème avec notre idée de la guérison

Le vrai problème avec notre idée de la guérison

Guérir signifie-t-il revenir à ce que nous étions, ou devenir capable de nous organiser autrement après ce que nous avons traversé?

Lorsque nous parlons de guérison, nous imaginons souvent un retour. Revenir à notre énergie d’avant, retrouver le corps que nous avions, fonctionner comme avant la maladie, l’accident, l’épuisement ou la transition. Comme s’il existait quelque part un bouton permettant de restaurer les paramètres d’usine.

Cette image est rassurante, mais elle pose un problème : le vivant ne revient jamais exactement en arrière. Même lorsque les symptômes diminuent ou disparaissent, l’organisme qui traverse cette expérience n’est plus celui qui existait avant elle. Il a appris, compensé, protégé, perdu certaines possibilités et parfois développé de nouvelles ressources.

Chercher à revenir peut alors nous empêcher de reconnaître une autre forme de changement. Nous comparons continuellement le présent à une version passée de nous-mêmes et tout ce qui ne lui ressemble pas devient la preuve que nous ne sommes pas encore guéris.

Et si guérir ne signifiait pas effacer ce qui s’est produit? Et si cela signifiait plutôt retrouver une capacité de mouvement, d’adaptation et de relation avec la vie telle qu’elle existe maintenant?

Cette vision ne demande pas de se résigner à la douleur ni de renoncer aux traitements. Elle ne transforme pas non plus chaque épreuve en cadeau obligatoire. Certaines expériences laissent des traces réelles et certaines conditions demeurent chroniques. La question consiste à savoir si la guérison doit absolument être mesurée par la restauration du passé.

Un arbre qui se réorganise après une blessure ne redevient pas l’arbre qu’il était. Il continue de croître avec sa nouvelle forme. Sa cicatrice n’annule pas sa vitalité, pas plus que sa vitalité n’efface la blessure.

Dans l’AIV, la santé ne correspond pas nécessairement à un état fixe ou parfait. Elle peut être envisagée comme une capacité à maintenir, retrouver ou réinventer une certaine cohérence malgré les changements. Le vivant ne cherche peut-être pas toujours à restaurer une ancienne version de lui-même. Il cherche parfois à rendre possible la prochaine.

Le vrai problème avec notre idée de la guérison est peut-être là : nous demandons au vivant de revenir, alors qu’il essaie déjà d’avancer autrement.


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Cette démarche est complémentaire et ne remplace pas un diagnostic, un traitement ni un suivi auprès d’un professionnel de la santé.